Allergie aux métaux, dépistage et comment la traiter

Une exposition continue aux métaux présents dans les bijoux, les implants dentaires et les amalgames, les cosmétiques, les prothèses articulaires, les stimulateurs cardiaques ou même les pièces de monnaie peut entraîner des problèmes de santé, car elle peut provoquer une réaction allergique aux métaux. Description et solution à ce phénomène :

Qu’est-ce que la dermatite de contact allergique ?

reaction allergique metauxDe nombreux métaux courants peuvent provoquer une réaction allergique de type IV chez les personnes génétiquement prédisposées. Cette allergie est médiée par les lymphocytes T (globules blancs) qui ont eu un contact antérieur avec un allergène particulier (lymphocytes mémoire). Lorsqu’ils sont exposés à l’allergène sensibilisant, ces lymphocytes mémoires réagissent par un grossissement (transformation lymphoblastique) et une division (prolifération). Les cellules nouvellement formées (cellules effectrices), ainsi que les cytokines qu’elles sécrètent, sont les médiateurs de la réaction allergique qui en résulte.

La dermatite de contact (DC) peut être divisée en dermatite de contact allergique (DCA) et dermatite de contact irritante, selon que l’inflammation cutanée est due au « contact » avec un allergène ou une substance irritante.

La cause la plus fréquente en Europe est le DCA dû au nickel. Des lésions cutanées eczémateuses dans la zone de contact avec des bijoux fantaisie bon marché tels que les lobes d’oreilles avec boucles d’oreilles, ou la zone de peau en contact avec une boucle de pantalon désignent le nickel comme cause.

Pourquoi l’allergie aux métaux se produit-elle ?

Le système immunitaire reconnaît le métal à l’origine de la dermatite comme étranger. Cette réponse est médiée par un sous-type de cellules sanguines appelées lymphocytes T et sa caractéristique est qu’elle est « retardée », c’est-à-dire qu’elle ne se produit pas immédiatement et peut se développer tout au long de la vie.

Quelle est la prévalence de la dermatite de contact aux métaux ?

Bordel-Gomez et al ont étudié la prévalence de la sensibilisation aux allergènes de contact, les plus fréquents étant :

  • le sulfate de nickel (29,3%),
  • le chlorure de palladium (11,7%),
  • le chlorure de cobalt (10,8%),
  • le bichromate de potassium (7,5%),
  • le mélange de parfums (6,3%),
  • la paraphénylènediamine (6,1%).

Dans le cas particulier, la prévalence de l’allergie de contact intrabuccale aux matériaux dentaires semble être relativement faible.

Quels sont les symptômes et/ou les signes du DCA métallique ?

allergie-aux-metauxLe symptôme classique de l’allergie aux métaux est la dermatite de contact (eczéma). En plus des symptômes locaux, l’exposition chronique aux métaux peut provoquer un large éventail de symptômes systémiques. L’allergie aux métaux a été impliquée dans l’étiologie du syndrome de fatigue chronique (SFC), de la sclérose en plaques (SEP), de la fibromyalgie et de la sensibilité chimique multiple (SCM).

Les symptômes typiques de l’allergie aux métaux sont la fatigue chronique et l’inflammation. Par exemple, une allergie au nickel peut entraîner des rougeurs et des démangeaisons de la peau lorsqu’elle entre en contact avec des objets contenant du nickel, comme des montres, des boutons de jeans ou des bijoux bon marché. Un autre signe peut être l’apparition de symptômes de type grippal un jour ou deux après l’exposition à un amalgame lors d’un travail dentaire.

L’allergie aux métaux est fréquente chez les patients atteints de diverses maladies affectant la peau (psoriasis, eczéma), de maladies auto-immunes (sclérose en plaques, lupus érythémateux systémique, thyroïdite, syndrome de Sjögren) et de maladies gastro-intestinales. Les patients présentant des symptômes de fatigue profonde d’étiologie incertaine (fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique) peuvent souffrir d’une allergie induite par les métaux.

La lésion cutanée eczémateuse est typique de la DCA dans laquelle on peut différencier différentes phases, où le prurit (démangeaisons) peut apparaître dans chacune d’elles :

  1. Aiguë ou initiale : après une rougeur, des vésicules commencent à apparaître qui, lorsqu’elles sont rompues, produisent un exsudat séreux.
  2. Subaiguë ou intermédiaire : dessiccation et formation de croûtes.
  3. Chronique (si elle persiste dans le temps) : peau sèche qui se durcit avec des fissures et un épaississement de la peau.

Comment traiter l’allergie aux métaux ?

Le meilleur traitement consiste à éviter l’allergène à l’origine de la pathologie. Une fois la lésion cutanée apparue, le principal traitement consiste en une application topique de glucocorticoïdes sur la peau et les muqueuses ou, dans les cas plus graves, en une application systémique (orale ou parentérale).
Une fois la lésion cutanée apparue, le principal traitement consiste en une application topique de glucocorticoïdes sur la peau et les muqueuses ou, dans les cas plus graves, en une application systémique (orale ou parentérale).
L’utilisation d’antihistaminiques par voie orale est utile pour contrôler les démangeaisons qui peuvent apparaître à n’importe quelle phase.
Il existe également des traitements topiques non glucocorticoïdes qui sont des immunomodulateurs, comme le pimecrolimus et le tacrolimus.

Comment le diagnostique-t-on ?

Une anamnèse soigneuse et un examen physique de la zone affectée sont essentiels pour identifier l’agent causal.
La performance des tests complémentaires est déterminée par l’application de patchs (« patch tests » – sur la peau) sur le dos du patient contenant les allergènes les plus susceptibles de provoquer les symptômes et/ou les signes de la DAA.

Tests épicutanés (patchs) disponibles pour les métaux ?

Une batterie standard appelée TRUE TEST est disponible dans le commerce. Elle contient les allergènes les plus courants susceptibles de provoquer une DCA (dermatite de contact allergique).

Dans le cas particulier des métaux, seuls le sulfate de nickel, le dichromate de potassium (sels de chrome), le chlorure de cobalt, le thiomersal ou merthiolate (dérivé du mercure) et plus récemment le thiosulfate d’or de sodium peuvent être testés.
Si nécessaire, on peut utiliser une batterie métallique « étendue » (6) qui peut contenir entre autres des chlorures d’antimoine, de béryllium, de cadmium, d’indium, de manganèse, de molybdène, de palladium, de platine, de rhodium et de vanadium, ainsi que de l’oxyde de titane et du sulfate de cuivre.
Ces tests épicutanés sont appliqués sur la peau du dos pendant 48 heures, et une première lecture est effectuée pour voir s’il existe déjà une lésion cutanée compatible avec l’ACD.
Une fois retiré, le patient revient à la clinique 96 heures après l’application (48 heures après le retrait) pour une deuxième lecture.
En cas de lésions, un gabarit est appliqué avec des marques qui permettent de localiser l’allergène qui a été appliqué sur cette zone de la peau, et qui est donc la cause du DCA.

Le test MELISA: MELISA est l’acronyme de Memory Lynfocyte Immunostimulation Assay

Le test MELISA est un test sanguin qui permet de détecter quelles personnes souffrent d’un tel processus et de déterminer contre quels métaux l’organisme produit un rejet afin de prendre les mesures appropriées.

Il est important de faire la différence entre l’allergie aux métaux et la toxicité des métaux. Le test MELISA ne mesure pas les niveaux de métaux dans l’organisme ; il permet de déterminer si le patient souffre d’un processus d’hypersensibilité de type IV. Dans le cas d’une intoxication aux métaux lourds, il est nécessaire de dépasser certains niveaux de concentration de ces métaux dans les différents tissus pour commencer à avoir des problèmes. Pour les personnes allergiques, il n’y a pas de limite de « sécurité ». Même des traces d’une substance peuvent provoquer ou aggraver des problèmes de santé si la substance déclenche une réaction immunitaire.

Le test MELISA est le seul test sanguin scientifiquement validé pour diagnostiquer l’hypersensibilité de type IV. Elle est réalisée sous licence accordée par la Fondation MELISA. La technique est réalisée sous la supervision de la Fondation et la technologie est protégée par une marque déposée afin de garantir que tous les tests sont réalisés avec la même méthode et sont de haute qualité.

De nombreuses publications (voir la bibliographie ci-dessous) confirment l’efficacité et l’utilité clinique du test MELISA.

Le test MELISA a été conçu à l’origine pour le diagnostic de l’allergie aux métaux, mais il convient également pour l’évaluation de l’hypersensibilité cellulaire aux médicaments, aux aliments, aux produits chimiques et aux agents infectieux.

MELISA est également utilisé pour diagnostiquer la maladie de Lyme active et semble être un test plus précis pour le diagnostic de la maladie de Lyme que les tests standard (Western Blot, PCR).

Dans le test MELISA, les lymphocytes sont isolés à partir d’un échantillon de sang et mis en présence d’une série de substances (allergènes) sélectionnées en fonction de l’anamnèse du patient, de ses antécédents dentaires et professionnels ou des exigences du médecin du patient. Les lymphocytes sont incubés dans ces conditions pendant 5 jours, après quoi l’activité cellulaire est évaluée par deux méthodes différentes. L’indice de réactivité obtenu est comparé à un standard obtenu après avoir cultivé les lymphocytes dans les mêmes conditions mais sans les confronter à un quelconque allergène. Une valeur d’indice supérieure à 3 indique une réaction positive à un allergène donné. Dans le rapport d’analyse, les indices obtenus pour chacun des allergènes étudiés sont exprimés ainsi qu’une série de recommandations basées sur les résultats obtenus.

Le test MELISA est un test sanguin effectué dans des établissements agréés par la Fondation MELISA. La technique est réalisée sous la supervision de la Fondation et la technologie est protégée par une marque déposée afin de garantir que tous les tests sont réalisés avec la même méthode et sont de haute qualité.
Liste des métaux qui peuvent être analysés

  • Aluminium (Al)
  • Antimoine (Sb)
  • Arsenic (As)
  • Baryum (Ba)
  • Béryllium (Be)
  • Bismuth (Bi)
  • Cadmium (Cd)
  • Chrome (Cr)
  • Zirconium (Zr)
  • Cobalt (Co)
  • Cuivre (Cu)
  • Dioxyde de titane (TiO2)
  • Étain (Sn)
  • Ethylmercure (Ethyl-Hg)
  • Phénylmercure (Phényl-Hg)
  • Gallium (Ga)
  • Indium (In)
  • Iridium (Ir)
  • Manganèse (Mn)
  • Mercure inorganique (Hg)
  • Méthylmercure (Méthyl-Hg)
  • Molybdène (Mo)
  • Nickel (Ni)
  • Niobium (Nb)
  • Or (Au)
  • Palladium (Pd)
  • Argent (Ag)
  • Platine (Pt)
  • Plomb (Pb)
  • Ruthénium (Ru)
  • Silice (SiO2)
  • Sulfate de titane (Ti(SO4)2)
  • Tantale (Ta)
  • Thimerosal
  • Titanate de calcium (CaTiO3)
  • Tungstène/Tungstène (W)
  • Vanadium (V)

Certaines professions présentent-elles un risque particulier d’apparition d’une allergie aux métaux ?

  • Industrie du bâtiment (maçon, coffreur) : chrome, cobalt.
  • Exploitation minière : chrome, cobalt.
  • Électricien, photographe : chrome.
  • Construction aéronautique : béryllium.
  • Coiffeur, esthéticienne : nickel, titane.
  • Galvanisateurs : nickel, chrome, cobalt, mercure.
  • Industrie du caoutchouc : chrome, cobalt.
  • Travailleurs ménagers : nickel.
  • Industrie du bois et du papier : chrome.
  • Shoemaker : chrome.
  • Peintre : chrome, cobalt.
  • Travailleur du métal : chrome, nickel, cobalt.
  • Industrie textile, dentiste, prothésiste dentaire : nickel, mercure.

Qu’est-ce que l’allergie retardée ou l’hypersensibilité de type IV ?

Le système immunitaire est nécessaire pour nous défendre contre les infections. Cependant, les réponses immunitaires sont capables de provoquer des lésions tissulaires et des maladies, ce qui peut se produire lorsque la réponse est dirigée contre nos propres tissus, ce que l’on appelle l’auto-immunité, ou lorsqu’il y a une réaction mal régulée ou incontrôlée à des molécules extérieures, ce que l’on appelle les réactions d’hypersensibilité.

Les réactions d’hypersensibilité sont classées en fonction du principal mécanisme immunitaire responsable des lésions et des maladies des tissus :

Les hypersensibilités I, II et III sont médiées par la synthèse d’anticorps, soit IgE, soit IgG. Cependant, la réaction d’hypersensibilité de type IV n’implique pas une augmentation de la synthèse des anticorps, mais plutôt une augmentation de l’activité cellulaire des lymphocytes T (globules blancs) contre les antigènes environnementaux. Cette activité cellulaire accrue implique une augmentation de la libération de médiateurs pro-inflammatoires responsables de la symptomatologie.

Ce type de réactions d’hypersensibilité ne peut être diagnostiqué par les méthodes classiques basées sur la quantification des taux d’anticorps spécifiques IgE ou IgG, car il n’y a pas d’augmentation de ces taux au cours du processus. Le test MELISA est un test de laboratoire reconnu et approuvé dans lequel l’activité cellulaire des lymphocytes est évaluée par deux méthodes simultanément.

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